Compte tenu de la complexité de la problématique ainsi que des nombreux mythes, stéréotypes et préjugés qui l’entourent, il est primordial d’adopter une définition de l’agression sexuelle reconnaissant qu’il s’agit d’un acte de pouvoir et de domination de nature criminelle. L’agression sexuelle est définie de la façon suivante:
Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne.
Cette définition s’applique, peu importe l’âge, le sexe, la culture, la religion et l’orientation sexuelle de la personne victime ou de l’agresseur sexuel, peu importe le type de geste à caractère sexuel posé et le lieu ou le milieu de vie dans lequel il a été fait, et quelle que soit la nature du lien existant entre la personne victime et l’agresseur sexuel. On parle d’agression sexuelle lorsqu’on utilise certaines autres expressions telles que viol, abus sexuel, infractions sexuelles, contacts sexuels, inceste, prostitution et pornographie juvéniles.
Source: MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle. Québec, gouvernement du Québec, 2001, 90 p.
L'inceste: L’inceste se caractérise par des activités sexuelles impliquant un adulte (ou un mineur) et un enfant avec qui il y a un lien de parenté ou d'autorité parentale.
Agression sexuelle collective: Agression sexuelle commise par deux agresseurs ou plus sur une même personne, au même moment.
Appels obscènes: Appels téléphoniques à caractère sexuel, souvent anonymes et répétés, dans le but d'intimider la personne.
Attouchements sexuels: Touchers à connotation sexuelle que l'agresseur pose sur la personne ou lui demande de poser sur lui, que ce soit aux organes génitaux ou non.
Exhibitionnisme: Exhiber ses organes génitaux, montrer des illustrations ou des vidéos pornographiques avec l'intention de mettre la personne agressée dans l'embarras ou de lui faire peur.
Exploitation sexuelle: Utiliser une personne à des fins pornographiques ou de prostitution en la contraignant par le chantage, l'intimidation, la manipulation ou la violence physique ou psychologique.
Harcèlement sexuel: Paroles, actes et gestes, à connotation sexuelle, répétés et non désirés provoquant l'inconfort et la crainte, menaçant ainsi le bien-être de la personne agressée. Forme de discrimination, d'abus de pouvoir et de violence portant atteinte à l'intégrité physique et psychologique de la personne et pouvant menacer sa sécurité d'emploi (dans le cas où ça arrive au travail).
Viol: Relation sexuelle avec pénétration, qu'elle soit vaginale, anale ou orale. La pénétration peut être faite avec le pénis, une autre partie du corps ou un objet.
Voyeurisme: Chercher à surprendre l'intimité d'une ou de plusieurs personnes à son insu.
Source: Production de l’Écho des Femmes de la Petite-Patrie, (2005). Prévention des agressions sexuelles et drogues du viol. Guide de formation.
Note: Les définitions ci-haut mentionnées ne sont pas nécessairement les définitions utilisées au plan légal. Pour les consulter cliquez ici.
Plus de 80% des personnes victimes d'agressions sexuelles sont de sexe féminin, dont 60% sont des enfants ou des adolescent-e-s de moins de 18 ans et 40% sont des adultes.
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle. Québec, gouvernement du Québec, 2001)
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3% des femmes du Québec ont été victimes d'une agression sexuelle au cours des 12 mois qui ont précédé l'enquête.
(STATISTIQUE CANADA, « L’enquête sur la violence envers les femmes », Le Quotidien, 18 novembre 1993)
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34% des Québécoises ont été victimes d'au moins une agression sexuelle depuis l'âge de 16 ans.
(STATISTIQUE CANADA, « L’enquête sur la violence envers les femmes », Le Quotidien, 18 novembre 1993)
Qui les commet?
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98% des personnes accusées d'agressions sexuelles sont de sexe masculin, 19% d'entre elles ont moins de 18 ans.
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle. Québec, gouvernement du Québec, 2001)
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70 à 85% des agressions sexuelles sont commises par des personnes connues des victimes.
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle. Québec, gouvernement du Québec, 2001)
Se produisent dans quel lieu?
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La moitié des agressions a lieu au domicile de la victime, de l'agresseur ou d'une tierce personne.
(STATISTIQUE CANADA, « L’enquête sur la violence envers les femmes», Le Quotidien, 18 novembre 1993)
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1/5 des agressions a lieu dans une voiture.
(STATISTIQUE CANADA, « L’enquête sur la violence envers les femmes», Le Quotidien, 18 novembre 1993)
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1/6 des agressions a lieu dans la rue.
(STATISTIQUE CANADA, « L’enquête sur la violence envers les femmes», Le Quotidien, 18 novembre 1993)
Dans un contexte de violence faite aux femmes
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En 2001, une victime sur cinq de crimes contre la personne l'a été dans un contexte de violence conjugale.
(MINISTÈRE DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE, Statistiques violence conjugale, 2001)
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En 2001, 69 Canadiennes ont été tuées par leur conjoint contre 52 en 2000.
(STATISTIQUE CANADA, « La violence familiale au Canada : un profil statistique », 2003)
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10% des agressions sexuelles sont déclarées aux services policiers.
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle. Québec, gouvernement du Québec, 2001)
Source: Production de l’Écho des Femmes de la Petite-Patrie, (2005). Prévention des agressions sexuelles et drogues du viol. Guide de formation.
La gravité des conséquences dépend de plusieurs facteurs tels: l'âge de la victime, la fréquence et la durée des agressions, le lien de la victime avec l'agresseur, la violence utilisée, le vécu émotif, les réactions de l'entourage, la peur des représailles, le silence imposé...
Idées et tentatives suicidaires, toxicomanie, dépression, échec dans les relations amoureuses, méfiance envers les hommes, malaises physiques, peurs de toutes sortes sont parmi les conséquences qui marquent la vie des victimes.