La personne connaît ses propres besoins, nous n'avons qu'à écouter ce qu'elle nomme comme besoins et comme peurs, car sous les peurs se cachent souvent des besoins. Cependant, il lui est parfois difficile de les exprimer car elle est bouleversée, en crise ou alors parce qu'elle ne connaît pas les ressources, ses droits et ses recours. Notre rôle est alors de l'aider à exprimer ses besoins et de lui faire connaître les ressources, ses droits et ses recours.
Les besoins varient d'une personne à l'autre; toutefois, ceux nommés ci-dessous sont communs chez la majorité des victimes mais ne constituent pas une liste exhaustive:
• Être crue
• Être écoutée
• Pleurer, crier ou garder le silence
• Être déculpabilisée
• Être normalisée dans ses réactions
• Que ses attentes soient vérifiées
• Être appuyée et soutenue
• Être respectée dans son rythme
• Être sécurisée, encadrée
• Reprendre du pouvoir sur sa vie
• Connaître les ressources
Tout comme pour les besoins, la personne vous nommera les bouleversements qu'elle subit suite à l'agression. Voici une liste non exhaustive des réactions les plus fréquentes :
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Absence d'émotions, détachement, paraître calme et très en contrôle.
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Difficulté à ressentir des émotions, sentiment de vide intérieur.
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Ressentir de la tristesse, de la colère, de l'agressivité, de l'angoisse, de la confusion, de nombreuses peurs.
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Ressentir de la honte et de la culpabilité de ne pas se souvenir, d'avoir consommé des substances, d'être sortie ce soir-là, etc. Bref, se sentir responsable de l'agression.
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Irritabilité, sautes d'humeur et impulsivité.
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Passer d'un état émotif à un autre très rapidement.
Ébauche de nombreuses hypothèses pour savoir ce qui s'est passé.
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Impression de devenir folle.
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Dépression.
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Idées suicidaires, tentatives de suicide.
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Phobies de toutes sortes.
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Anorexie ou boulimie.
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Difficultés de mémoire, de concentration.
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Perte d'estime et de confiance en soi.
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Sentiment d'être sale et indigne de l'amour ou de l'intérêt des autres.
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Méfiance et peur, même envers les personnes qu'elle connaît.
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Sentiment d'impuissance, de dégoût envers les hommes (dans le cas où l'agresseur est un homme) ou le monde en général.
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Sentiment que son avenir est fini : elle pense que sa vie est terminée, qu'elle ne pourra pas avoir d'enfants ou entreprendre une carrière, etc.
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Se sentir différente des autres.
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Avoir tendance à s'isoler ou, au contraire, rechercher constamment la présence des autres pour ne pas être seule.
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Difficultés à entrer en relation avec des inconnu-e-s ou à maintenir les liens.
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Éviter la sexualité, compulsion sexuelle ou éprouver des difficultés sexuelles.
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Manquer d'énergie ou besoin d'être toujours en mouvement.
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Ne plus avoir conscience de ce qui se passe autour d'elle.
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Conception du monde bouleversée : il y a avant l'agression et après.
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Parler beaucoup de l'agression vécue à plusieurs personnes (même des inconnu-e-s rencontré-e-s dans l'autobus par exemple) ou alors éviter d'en parler.
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Vouloir passer à autre chose rapidement.
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Difficultés à continuer à aller à l'école, à travailler, à prendre soin de soi ou de ses enfants.
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Restreindre ses déplacements et ses sorties dans l'espoir d'assurer sa sécurité.
Sachez qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de réagir suite à une agression, chaque personne réagit à sa façon.
Source: Production de l’Écho des Femmes de la Petite-Patrie, (2005). Prévention des agressions sexuelles et drogues du viol. Guide de formation.
Décider de parler de l'agression qu'elle a vécue, qu'elle soit récente ou passée, exige un courage énorme de la part de la victime pour surmonter ses peurs. Votre attitude en tant qu'aidant-e peut être déterminante dans la poursuite de ses démarches.
Ce n'est pas ce que l'on connaît qui fait la différence dans un premier temps, c'est ce que nous adoptons comme attitude.
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Authenticité envers soi-même et la personne dans ce que nous sommes capables d'entendre et de faire.
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Écoute active et accueil chaleureux.
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Éviter de faire de la pression à répétition pour qu'elle parle à tout prix de l'agression sexuelle.
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Accueillir les besoins de la personne et en favoriser l'expression.
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Adopter une attitude et un ton calmes et sécurisants. La personne a besoin de sentir qu'une personne a la situation en mains, sans tenter de contrôler ses réactions, ses décisions ou ses émotions.
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Éviter de dramatiser ou de banaliser l'agression. Il s'agit d'un acte criminel (il ne s'agit pas d'un flirt ou d'une erreur), qui entraîne de nombreuses conséquences chez les personnes qui en sont victimes.
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Favoriser l'expression de toutes ses émotions en les accueillant et en lui disant au besoin qu'elle a le droit d'être triste ou en colère.
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Valider ses émotions, ses réactions et ses pensées en tenant compte qu'une agression sexuelle a eu lieu.
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Ne pas juger ni culpabiliser de l'agression sexuelle, des conséquences et des décisions de la personne.
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Respecter son rythme, ses choix et ses décisions.
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Présenter les alternatives et les choix possibles. Vous pouvez l'accompagner dans sa prise de décisions en écoutant ses opinions et ses craintes et en regardant avec elle les avantages et les désavantages.
Source: Production de l’Écho des Femmes de la Petite-Patrie, (2005). Prévention des agressions sexuelles et drogues du viol. Guide de formation.
Quelques PRINCIPES pour l’intervention de base
POUR L’ENTOURAGE ET LES INTERVENANT-E-S
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L'agression sexuelle est un acte criminel.
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La victime n'est jamais responsable en tout ou en partie de l'agression sexuelle.
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Reconnaître la personne dans sa globalité, avec ses forces et ses capacités.
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Posséder la conviction que la personne a droit à son autonomie, même si elle est bouleversée ou en situation de crise.
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Faire confiance au potentiel de la personne ; elle a tout ce qu'il faut pour reprendre du pouvoir sur sa vie et surmonter les conséquences de l'agression sexuelle.
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Assurer un cadre dans lequel la personne se sentira en sécurité et en confiance.
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Ne pas porter de jugement sur le vécu de la personne et la croire.
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La personne connaît ce dont elle a besoin, elle choisit son rythme et trouve ses propres solutions ou alternatives.
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Être à l'écoute, c'est déjà apporter du soutien à la personne et c'est une façon de sortir de son impuissance comme membre de l'entourage ou comme intervenant-e.
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Reconnaître que nous portons nous-mêmes des mythes, des préjugés, des peurs et que nous avons le devoir de les questionner afin de ne pas les transmettre à la personne.
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Respecter ses propres limites. Reconnaître qu'une personne ou qu'un-e intervenant-e a souvent besoin du concours de ressources spécialisées en agression sexuelle.
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S'informer sur la violence sexuelle, les ressources, les droits et les options à envisager.
Source: Production de l’Écho des Femmes de la Petite-Patrie, (2005). Prévention des agressions sexuelles et drogues du viol. Guide de formation.