Suivis INDIVIDUELS
Aide aux victimes d’agression sexuelle :
suivis individuels
Peu importe la forme d’agression sexuelle que tu as vécue, qu’elle soit récente ou non, tu as droit à de l’aide professionnelle. Le CALACS-CA accueille les enfants, les ados et les femmes adultes qui ont été victimes d’agression sexuelle, et aussi leurs proches afin de les soutenir et les outiller au quotidien.

SIGNALEMENT OBLIGATOIRE
Pour toute demande d’aide pour des personnes mineures
qui ont été victimes d’agression sexuelle, la situation
doit préalablement avoir été signalée à la DPJ.

Suivis INDIVIDUELS
enfants
Formées par le Centre d’expertise Marie-Vincent, les intervenantes du CALACS-CA qui offrent les suivis individuels aux enfants adaptent leurs rencontres aux besoins de chacun.es.
Ça sert à quoi?
- Permet de diminuer les symptômes du stress post-traumatique, de dépression et d’anxiété;
- Diminue le sentiment de culpabilité;
- Favorise un bon estime de soi;
- Permet à l’enfant d’apprendre diverses notions adaptées à son âge sur la santé sexuelle.
Comment ça se passe?
L’intervention auprès de l’enfant se fait avant tout par le biais du jeu et de l’art. L’enfant apprend :
- Comment reconnaître ses émotions, les nommer et les réguler;
- Différentes notions sur les agressions sexuelles et les réactions possibles;
- Des notions de limites et de frontières;
- Des notions sur la sexualité adaptées à son âges;
- Des habiletés d’affirmation et de protection de soi.
Suivis INDIVIDUELS
adolescents
Les suivis pour les ados sont adaptés aux besoins et aux caractéristiques de chacun.e. En période scolaire, les intervenantes du CALACS-CA se déplacent dans les écoles secondaires de la région afin de rencontrer les ados pour leur suivi, et ce, de façon confidentielle.

Comment ça se passe?
L’intervention auprès de l’adolescent.e se fait sous forme de discussions. L’art et/ou le jeu peuvent être utilisées, si désiré. Les principales notions abordées :
- Comment reconnaître ses émotions, les nommer et les réguler;
- Différentes notions sur les agressions sexuelles et les réactions possibles;
- De la psychoéducation sur la sexualité saine;
- Des habiletés d’affirmation et de protection de soi.
Ça sert à quoi?
- Permet de diminuer les symptômes du stress post-traumatique, de dépression et d’anxiété;
- Diminue le sentiment de culpabilité;
- Favorise un bon estime de soi;
- Permet à l’adolescent.e de se sentir soutenu.e, compris.e et non jugé.e;
- Offre un espace de discussion avec une personne objective où il est possible d’adorder des sujets souvent peu discutés avec la famille ou les ami.es.

Suivis INDIVIDUELS
adultes
Chaque suivi est différent. Les intervenantes respectent le rythme de chacun.e.
Ça sert à quoi?
- Permet de diminuer les symptômes du stress post-traumatique, de dépression et d’anxiété;
- Diminue le sentiment de culpabilité;
- Favorise un bon estime de soi;
- Permet à l’adulte de se sentir soutenu.e, compris.e et non jugé.e;
- Offre un espace de discussion avec une personne objective où il est possible d’adorder des sujets souvent peu discutés avec la famille ou les ami.es.
Comment ça se passe?
L’intervention se fait sous forme de discussions. Les principales notions abordées :
- Comment reconnaître ses émotions, les nommer et les réguler;
- Différentes notions sur les agressions sexuelles et les réactions possibles;
- Des notions de limites et de frontières;
- Des notions sur la sexualité adaptées à son âges;
- Des habiletés d’affirmation et de protection de soi.
Suivis INDIVIDUELS
tiers
Le dévoilement (ou la découverte) de la victimisation d’un proche peut soulever une période de crise et de bouleversement. Le CALACS-CA offre donc des rencontres individuelles de soutien à ces parents, ces conjoint.es, ces frères/sœurs de la personne qui a été victime d’agression sexuelle.

Comment ça se passe?
Les interventions sont adaptées à l’âge du tiers et en fonction de ses besoins. Les principales notions abordées :
- Comment reconnaître ses émotions, les nommer et les réguler;
- Différentes notions sur les agressions sexuelles et les réactions possibles;
- Les attitudes aidantes et celles qui sont nuisibles devant une personne qui a été victime d’agression sexuelles;
- Le respect de ses propres limites.
Ça sert à quoi?
- Diminue le sentiment de culpabilité;
- Permet de se sentir soutenu.e et compris.e;
- Offre un espace de discussion avec une personne objective où il est possible de parler sans se sentir jugé.e;
- Être mieux outillé.e afin de soutenir la personne qui a été victime tout en prenant soin de soi et en respectant ses limites.
Témoignages
Pourquoi moi ?
Comment parler de ce sujet sans y aller trop brusquement? Alors, moi, en 2017, j’ai vécu une situation, quelque chose dont tous les adolescents se croient à l’abris… C’est lors d’une journée, il y a presqu’un an, lors d’une rencontre dans nos classes de troisième secondaire, que j’ai réalisé que ce que j’avais vécu n’était pas à prendre à la légère. Je savais que moi, ce n’était pas quelque chose de physique… Alors, ça compte ou pas? Bien oui, une agression sexuelle peut se produire sur Internet, c’est une cyber agression. Au début, lorsque j’ai compris ce que j’avais vécu, j’étais sous le choc, mais la dame à l’avant m’a mise en confiance lorsqu’elle a dit à la classe que nous pouvions aller lui parler sans gêne. Alors, à la fin du cours, je suis allée la voir et je lui ai dit que j’aimerais lui parler. Ce fût l’enfer lorsqu’elle m’a dit : « Oui, il s’agit bien d’une cyber agression. ». Le cœur m’a arrêté. Une année était passée, une année durant laquelle, j’ai tout mis sur ma faute… mais c’était sa faute à lui! Lors des premières rencontres avec mon intervenante, j’avais tendance à me culpabiliser face à la situation. Elle m’a rapidement fait comprendre que la personne qui devrait se sentir mal dans cette situation, ce n’est pas moi, mais bien lui. C’est à lui de vouloir se cacher s’il me voit.
Les intervenantes du CALACS sont tellement sympathiques. Dès le premier jour, elles ont su me mettre en confiance. Je ne comprends pas pourquoi la majorité des gens ne se tourne pas vers elles. Oui, la démarche est difficile, mais la sensation de liberté et de confiance en soi en vaut la peine! Pour vous faire davantage comprendre mon histoire, une cyber agression, c’est lorsque votre agresseur se cache derrière son cellulaire, par exemple, par Snapchat. Au début, il est gentil avec vous et vous met en confiance. Moi, il savait que j’étais dans une situation vulnérable à ce moment. Au départ, il était gentil, mais, par la suite, c’est devenu plus brutal. Il me disait des choses comme « Montre-toi ou je dis à tout le monde qu’on a couché ensemble », « Montre-moi tes seins ou je viens te chercher et je vais t’attacher à une chaise et là, tu n’auras pas le choix », etc. Toujours des phrases qui me faisaient peur et qui m’incitaient à lui envoyer des photos de moi. Cette situation s’est produite il y a un an, mais ça n’empêchait pas cette histoire de recommencer dans ma tête. Alors, pour moi, depuis le début des rencontres avec mon intervenante, ma confiance en moi ne fait qu’augmenter et mon regret de lui avoir envoyé des photos diminue. Pourquoi moi, qui s’est faite manipuler par lui, je devrais baisser la tête et regretter? Depuis le début des rencontres avec le CALACS, je me sens solide et j’avance. Il me sera impossible d’oublier cette histoire, mais il sera plus facile pour moi de l’accepter et d’être capable de l’expliquer. Alors, oui, ne pensez pas à la peur du regret, levez la tête et concentrez-vous sur votre bien-être personnel et non sur celui de votre agresseur, c’était à lui de ne pas faire les mauvais choix!
Anonyme
Courage !
Au moment où j’écris ces mots, je suis âgée de quinze ans. J’ai été victime d’agressions sexuelles à plusieurs reprises par mon beau-père. Pour ma sœur aînée et moi, qui avons été les deux victimes de cet homme, il était comme notre père. J’avais une confiance aveugle en lui. J’avais huit ans quand il a commencé à abuser de moi. Cela a duré six mois et il venait environ trois fois par semaine dans ma chambre durant les moments où ma mère travaillait de nuit. Il a commencé par des attouchements et je me souviens que je ne comprenais pas pourquoi il mettait sa main dans mon pyjama. Je ne comprends pas pourquoi mon corps appréciait ses caresses. Ensuite, les choses ont empiré. Les agressions sexuelles sont devenues plus importantes et fréquentes. Je me souviens de lui avoir dit que j’avais mal lorsque ça arrivait. Dans ces moments, il me répondait : « C’est normal, ne le dit pas à maman ». J’ai fini par croire qu’il avait raison et que c’était normal. Hors des agressions sexuelles, il s’occupait bien de moi… d’où ma confusion. Je me souviens qu’il m’ait agressée à des endroits qui auraient dû me laisser des souvenirs mémorables : dans la chambre de notre hôtel à Walt Disney, au ciné-parc, etc. Lorsque ma sœur a dénoncé la situation, ma mère m’a tout de suite demandé si j’avais aussi été victime. Cela m’a pris quelques minutes pour comprendre que ce sentiment dans mon cœur, ma petite voix qui me soufflait que c’était anormale, avait eu raison tout ce temps. Je ne saurais décrire les mois qui ont suivi, car, mis à part mon premier suivi avec le CALACS, je ne me souviens pas vraiment de ce qui s’est passé entre l’âge de neuf à onze ans. Je me rappelle que j’étais mêlée lorsque je suis arrivée pour la première fois dans le bureau de mon intervenante. Je me blâmais entièrement, j’avais peur des hommes, la sexualité me dégoutait, j’avais perdu confiance en moi et je trouvais mon corps dégoutant. Ce qui m’a vraiment aidée se résume en quatre choses : mon intervenante du CALACS, mes passions, le soutien de mon entourage et le fait d’en parler. Lorsque j’ai compris que je n’y étais pour rien, j’ai commencé à en parler à des gens proches et à des amis qui m’ont entièrement soutenue. Je me suis mise à chanter, ce qui m’a défoulée et probablement empêché de tomber dans la drogue. À l’âge de treize ans, j’ai rencontré un garçon. J’ai sorti avec lui un bon moment et c’est grâce à lui que je peux aujourd’hui me regarder chaque matin dans le miroir sans me sentir dégoutée et que je ne crains plus les relations sexuelles. J’ai saisi la différence entre une agression sexuelle et l’amour.
Aujourd’hui, j’ai une estime de moi suffisante, j’ai une vie amoureuse et sexuelle parfaitement normale, les hommes ne m’effraient plus, je me respecte, je profite de chaque seconde de ma vie et j’arrive à en parler facilement. Je suis même capable de lire des livres et d’écouter des films à propos d’agressions sexuelles. Je suis d’ailleurs en mesure de redonner à la société en écrivant sur Internet à ce sujet et j’ai consacré mon expo-sciences aux agressions sexuelles et aux préjugés y étant associés. Devinez quoi? Je suis forte. Je ne suis pas une victime. Je suis une battante, une survivante! Vous avez cette force aussi. Vous devez la trouver et prendre toutes les ressources qui s’offrent à vous. Merci au CALACS et à mon entourage!
Anonyme
Sans enfance
Pour moi, mon histoire a commencé quand j’avais sept ans. Elle s’est finalement arrêtée à l’âge de 11 ans, quand j’ai arrêté de voir l’homme qui était censé être un modèle pour moi et ma jeune sœur. À la place d’être un modèle, il a été un monstre qui m’a enlevé mon enfance, mon insouciance et mon bonheur. Il a réussi à me briser en millions de petits morceaux qui ne pourront peut-être pas tous se recoller. Il a décidé de penser à lui et de profiter de moi. Comme un enfant de sept ans est censé réagir quand son petit papa agit de la sorte?
Les jours ont passé et j’étais devenue une autre personne. Une jeune fille qui se méfiait de tout, mais surtout de lui. Je préférais qu’il s’amuse sur moi que sur ma sœur. Je ne pouvais pas imaginer qu’il lui ferait ça aussi à elle. Quand j’ai arrêté de le voir, ça été un soulagement. Toutefois, l’histoire n’était pas terminée… Je voudrais le haïr du plus profond de moi-même, mais comme sa copine disait souvent : « Tu es faite à 50% de lui ». Et si ce qu’elle disait est vrai? Et si moi aussi j’étais un monstre comme lui? Cette simple phrase a su avoir un impact intense sur moi… jusqu’à ce que je décide que ça en était trop. Bientôt une année s’est écoulée depuis que j’ai voulu me suicider. Me suicider à cause de l’homme qui est censé s’appeler « papa ». J’aurais pu en parler. Pourquoi ne pas l’avoir dit à maman? Elle m’aurait soutenue. Ou à une amie? Elle aurait essayé de m’aider. Cependant, la peur du jugement et de ne pas être crue était difficile. Finalement, quand je suis allée à l’hôpital en pédopsychiatrie, j’ai compris que j’avais besoin d’aide et j’ai dévoilé. Je crois que je ne m’étais jamais sentie aussi libre depuis longtemps. Comme si… comme si j’étais dans un autre monde et que cette situation ne m’était jamais arrivée. J’ai eu beaucoup de chance. J’ai eu de l’aide pour surmonter ce que je pensais être insurmontable. Chaque personne, en cas de besoin, devrait parler pour recevoir cette aide. J’ai compris que je ne pourrais jamais oublier ou pardonner, mais je peux accepter. Accepter que cette épreuve m’a rendu plus forte. J’ai accepté ces années épouvantables pour devenir une adolescente de 14 ans, forte, et qui met son poing sur la table en cas de besoin. Je ne pensais pas avoir une aussi grande force en moi.
Anonyme
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