Témoignages

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Nos témoignages

Dans le cadre de notre campagne annuelle 2018-2019 « Libère-toi », 10 femmes ayant vécu des agressions à caractère sexuel ont accepté de nous livrer des témoignages inspirants qui ont pour objectif d’inciter d’autres personnes à dénoncer et aller chercher de l’aide.

Sans enfance

Pour moi, mon histoire a commencé quand j’avais sept ans. Elle s’est finalement arrêtée à l’âge de 11 ans, quand j’ai arrêté de voir l’homme qui était censé être un modèle pour moi et ma jeune sœur. À la place d’être un modèle, il a été un monstre qui m’a enlevé mon enfance, mon insouciance et mon bonheur. Il a réussi à me briser en millions de petits morceaux qui ne pourront peut-être pas tous se recoller. Il a décidé de penser à lui et de profiter de moi. Comme un enfant de sept ans est censé réagir quand son petit papa agit de la sorte ?

 

Les jours ont passé et j’étais devenue une autre personne. Une jeune fille qui se méfiait de tout, mais surtout de lui. Je préférais qu’il s’amuse sur moi que sur ma sœur. Je ne pouvais pas imaginer qu’il lui ferait ça aussi à elle. Quand j’ai arrêté de le voir, ça été un soulagement. Toutefois, l’histoire n’était pas terminée… Je voudrais le haïr du plus profond de moi-même, mais comme sa copine disait souvent : « Tu es faite à 50% de lui ». Et si ce qu’elle disait est vrai ? Et si moi aussi j’étais un monstre comme lui ? Cette simple phrase a su avoir un impact intense sur moi… jusqu’à ce que je décide que ça en était trop. Bientôt une année s’est écoulée depuis que j’ai voulu me suicider. Me suicider à cause de l’homme qui est censé s’appeler « papa ». J’aurais pu en parler. Pourquoi ne pas l’avoir dit à maman ? Elle m’aurait soutenue. Ou à une amie ? Elle aurait essayé de m’aider. Cependant, la peur du jugement et de ne pas être crue était difficile. Finalement, quand je suis allée à l’hôpital en pédopsychiatrie, j’ai compris que j’avais besoin d’aide et j’ai dévoilé. Je crois que je ne m’étais jamais sentie aussi libre depuis longtemps. Comme si… comme si j’étais dans un autre monde et que cette situation ne m’était jamais arrivée. J’ai eu beaucoup de chance. J’ai eu de l’aide pour surmonter ce que je pensais être insurmontable. Chaque personne, en cas de besoin, devrait parler pour recevoir cette aide. J’ai compris que je ne pourrais jamais oublier ou pardonner, mais je peux accepter. Accepter que cette épreuve m’a rendu plus forte. J’ai accepté ces années épouvantables pour devenir une adolescente de 14 ans, forte, et qui met son poing sur la table en cas de besoin. Je ne pensais pas avoir une aussi grande force en moi.

Anonyme

Courage !

Au moment où j’écris ces mots, je suis âgée de quinze ans. J’ai été victime d’agressions sexuelles à plusieurs reprises par mon beau-père. Pour ma sœur aînée et moi, qui avons été les deux victimes de cet homme, il était comme notre père. J’avais une confiance aveugle en lui. J’avais huit ans quand il a commencé à abuser de moi. Cela a duré six mois et il venait environ trois fois par semaine dans ma chambre durant les moments où ma mère travaillait de nuit. Il a commencé par des attouchements et je me souviens que je ne comprenais pas pourquoi il mettait sa main dans mon pyjama. Je ne comprends pas pourquoi mon corps appréciait ses caresses. Ensuite, les choses ont empiré. Les agressions sexuelles sont devenues plus importantes et fréquentes. Je me souviens de lui avoir dit que j’avais mal lorsque ça arrivait. Dans ces moments, il me répondait : « C’est normal, ne le dit pas à maman ». J’ai fini par croire qu’il avait raison et que c’était normal. Hors des agressions sexuelles, il s’occupait bien de moi… d’où ma confusion. Je me souviens qu’il m’ait agressée à des endroits qui auraient dû me laisser des souvenirs mémorables : dans la chambre de notre hôtel à Walt Disney, au ciné-parc, etc. Lorsque ma sœur a dénoncé la situation, ma mère m’a tout de suite demandé si j’avais aussi été victime. Cela m’a pris quelques minutes pour comprendre que ce sentiment dans mon cœur, ma petite voix qui me soufflait que c’était anormale, avait eu raison tout ce temps. Je ne saurais décrire les mois qui ont suivi, car, mis à part mon premier suivi avec le CALACS, je ne me souviens pas vraiment de ce qui s’est passé entre l’âge de neuf à onze ans. Je me rappelle que j’étais mêlée lorsque je suis arrivée pour la première fois dans le bureau de mon intervenante. Je me blâmais entièrement, j’avais peur des hommes, la sexualité me dégoutait, j’avais perdu confiance en moi et je trouvais mon corps dégoutant. Ce qui m’a vraiment aidée se résume en quatre choses : mon intervenante du CALACS, mes passions, le soutien de mon entourage et le fait d’en parler. Lorsque j’ai compris que je n’y étais pour rien, j’ai commencé à en parler à des gens proches et à des amis qui m’ont entièrement soutenue. Je me suis mise à chanter, ce qui m’a défoulée et probablement empêché de tomber dans la drogue. À l’âge de treize ans, j’ai rencontré un garçon. J’ai sorti avec lui un bon moment et c’est grâce à lui que je peux aujourd’hui me regarder chaque matin dans le miroir sans me sentir dégoutée et que je ne crains plus les relations sexuelles. J’ai saisi la différence entre une agression sexuelle et l’amour.

 

Aujourd’hui, j’ai une estime de moi suffisante, j’ai une vie amoureuse et sexuelle parfaitement normale, les hommes ne m’effraient plus, je me respecte, je profite de chaque seconde de ma vie et j’arrive à en parler facilement. Je suis même capable de lire des livres et d’écouter des films à propos d’agressions sexuelles. Je suis d’ailleurs en mesure de redonner à la société en écrivant sur Internet à ce sujet et j’ai consacré mon expo-sciences aux agressions sexuelles et aux préjugés y étant associés. Devinez quoi ? Je suis forte. Je ne suis pas une victime. Je suis une battante, une survivante! Vous avez cette force aussi. Vous devez la trouver et prendre toutes les ressources qui s’offrent à vous. Merci au CALACS et à mon entourage!

Anonyme

Pourquoi moi ?

Comment parler de ce sujet sans y aller trop brusquement ? Alors, moi, en 2017, j’ai vécu une situation, quelque chose dont tous les adolescents se croient à l’abris… C’est lors d’une journée, il y a presqu’un an, lors d’une rencontre dans nos classes de troisième secondaire, que j’ai réalisé que ce que j’avais vécu n’était pas à prendre à la légère. Je savais que moi, ce n’était pas quelque chose de physique… Alors, ça compte ou pas ? Bien oui, une agression sexuelle peut se produire sur Internet, c’est une cyber agression. Au début, lorsque j’ai compris ce que j’avais vécu, j’étais sous le choc, mais la dame à l’avant m’a mise en confiance lorsqu’elle a dit à la classe que nous pouvions aller lui parler sans gêne. Alors, à la fin du cours, je suis allée la voir et je lui ai dit que j’aimerais lui parler. Ce fût l’enfer lorsqu’elle m’a dit : « Oui, il s’agit bien d’une cyber agression. ». Le cœur m’a arrêté. Une année était passée, une année durant laquelle, j’ai tout mis sur ma faute… mais c’était sa faute à lui! Lors des premières rencontres avec mon intervenante, j’avais tendance à me culpabiliser face à la situation. Elle m’a rapidement fait comprendre que la personne qui devrait se sentir mal dans cette situation, ce n’est pas moi, mais bien lui. C’est à lui de vouloir se cacher s’il me voit.

 

Les intervenantes du CALACS sont tellement sympathiques. Dès le premier jour, elles ont su me mettre en confiance. Je ne comprends pas pourquoi la majorité des gens ne se tourne pas vers elles. Oui, la démarche est difficile, mais la sensation de liberté et de confiance en soi en vaut la peine! Pour vous faire davantage comprendre mon histoire, une cyber agression, c’est lorsque votre agresseur se cache derrière son cellulaire, par exemple, par Snapchat. Au début, il est gentil avec vous et vous met en confiance. Moi, il savait que j’étais dans une situation vulnérable à ce moment. Au départ, il était gentil, mais, par la suite, c’est devenu plus brutal. Il me disait des choses comme « Montre-toi ou je dis à tout le monde qu’on a couché ensemble », « Montre-moi tes seins ou je viens te chercher et je vais t’attacher à une chaise et là, tu n’auras pas le choix », etc. Toujours des phrases qui me faisaient peur et qui m’incitaient à lui envoyer des photos de moi. Cette situation s’est produite il y a un an, mais ça n’empêchait pas cette histoire de recommencer dans ma tête. Alors, pour moi, depuis le début des rencontres avec mon intervenante, ma confiance en moi ne fait qu’augmenter et mon regret de lui avoir envoyé des photos diminue. Pourquoi moi, qui s’est faite manipuler par lui, je devrais baisser la tête et regretter ? Depuis le début des rencontres avec le CALACS, je me sens solide et j’avance. Il me sera impossible d’oublier cette histoire, mais il sera plus facile pour moi de l’accepter et d’être capable de l’expliquer. Alors, oui, ne pensez pas à la peur du regret, levez la tête et concentrez-vous sur votre bien-être personnel et non sur celui de votre agresseur, c’était à lui de ne pas faire les mauvais choix!

Anonyme

Éliane, 42 ans

Éliane, 42 ans

Isabelle, 47 ans

Isabelle, 47 ans

Shana, 20 ans

Shana, 20 ans

Marjolaine, 51 ans

Marjolaine, 51 ans

Caroline, 37 ans

Caroline, 37 ans

Liette, 61 ans

Liette, 61 ans

Sylvie, 34 ans

Sylvie, 34 ans

Sonia, parent d’une victime

Sonia, parent d'une victime

Josée-Anne, 36 ans

Stéphanie, 27 ans

Le CALACS Chaudière-Appalaches

Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Chaudière-Appalaches est une ressource qui a pour principal mandat d’offrir des services spécialisés aux victimes d’agression sexuelle ainsi qu’à leurs proches. Implanté dans sa communauté depuis 1991, l’organisme met tout en œuvre pour apporter une aide significative en demeurant centré sur les besoins de sa population.

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